04/04/2008
Vent frais, vent du matin - reédition
Quand on traine dans les bibliothèques universitaires scientifiques, on peut apprendre des choses sur un tout autre sujet, que nos livres scolaires ne nous ont pas enseigné. Voici un fait que peu d'historiens ont décrit :
Je vous situe l'action : la difficile campagne de Russie de Napoléon Ier. La Grande Armée avance péniblement dans la plaine russe, sous un froid glacial. Voila t'il pas que, pour en ajouter à sa peine, les boutons, chainettes et épingles de chaque soldat s'effritent petit à petit, en une poudre noire...
Voici l'explication: les boutons et accessoires de l'armée de Napoléon sont faits d'étain beta, la variété la plus utilisée pour ce métal. Celle ci est stable à température ambiante, mais se transforme, en dessous de 13°C en variété alpha, une poudre noire sans aucune propriété métallique... On appelle ce phénomène l'énantiotropie.
Maintenant je comprends. C'est à cause du froid que tous mes boutons lâchent... Ahhh, on me dit dans l'oreillette que c'est l'abus de chocolat durant les fêtes... Comme quoi... Y en a qui ont l'esprit scientifique et d'autres pas...
07:30 Publié dans La stratégie de l'echec et autres futilités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : campagne de Russie, Napoléon Ier, Grande Armée, étain, énantiotropie, fêtes de fin d'année
03/01/2008
Des lendemains qui déchantent... - reédition
" Un poète, c'est un monde enfermé dans un corps"
Victor HUGO
Les fêtes de fin d'année aident à élargir ce monde...
07:30 Publié dans "Et maintenant, réfléchissez les miroirs" J. Rig | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poète, Victor Hugo, lendemain, fêtes
02/01/2008
Le temps des résolutions 2 - reédition
Il pourrait manquer 200 millions de femmes sur terre en 2025/2030.
En l'absence de discrimination, il y a 5% de plus de femmes que d'hommes. Ce n'est le cas ni en Chine, ni en Inde, où il manquerait de part et d'autre 50 millions de femmes. Dans ces pays, comme en Corée du Sud, des stations d'échographie portables permettent, dans les villages, de sélectionner les fœtus garçon, et des avortements illégaux sont ensuite pratiqués, et cela pour des questions religieuses (les hommes assurent le culte des ancêtres) ou économiques (coût de la dot...).
Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire pour cette nouvelle année 2008 !
07:30 Publié dans La stratégie de l'echec et autres futilités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Discrimination, Chine, Inde, échographie, avortement, résolutions
01/01/2008
Le temps des résolutions - reédition
07:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bonne année, Meilleurs voeux, 2008, résolutions
12/02/2007
Revue de presse scientifique : sortons du troupeau
Le mouton est un animal plein de défauts. Il est difficile à tondre, sa laine rétrécie au lavage, il ne produit jamais assez de viande, celle ci a un goût trop prononcé... La bonne nouvelle est que la science a trouvé un remède à chacune de ces imperfections. La mauvaise est qu'on ne peut pas tout résoudre en même temps : entre le mouton à gigots et le mouton à pull, il faut choisir.
Le mouton à pull n'est jamais emballé par la perspective de se faire tondre la laine sur le dos. Il faut le trainer de la bergerie jusqu'au poste de tonte. Cela crée des problèmes. Le tondeur de mouton australien a 6 fois plus d'accidents du travail que la moyenne nationale, toutes professions confondues. C'est donc assez naturellement que John Culvenor, de l'université australienne de Ballarat, a testé diffèrents types de sols (en bois, plastique et métal), avec differentes inclinaisons, afin de trouver le support le mieux adapté au halage du mouton à pull. Il a conclu, dans la revue Applied Ergonomics (vol. 33, p. 523-31), que les sols en paquet inclinés à 10% étaient ce qui se faisait de mieux.
Le mouton à gigots aimerait ne pas poser ce genre de problème au genre humain. Sans laine, il se porterait mieux, et les éleveurs aussi. Eh bien, c'est fait : une équipe de généticiens américains a mis au point le mouton à poil, facile d'entretien. Issu du croisement de plusieurs races, au Clay Center (Nebraska), le mouton à poil et à gigots donne en outre une viande au goût plus doux que le mouton à laine, nous append la revue Nature (avril 2003). Evidemment, il est superflu de le tondre.
Il y a mieux : le mouton à gros cul. Celui-là nous veint de Caroline du Nord, où d'autres généticiens se sont aperçus que la mutation d'un gène du mouton avait pour effet de muscler l'arrière-train de la bête dans des proportions incroyables. Repéré à la Duke University à Durham (qui l'appelle "mouton callipyge"), et détaillé dans la revue Genome Research, le mouton à gros cul fait de beau gigots, mais il a le dos encombré de laine. L'idéal serait de concevoir un mouton à poil et à gros cul, mais rien dans la littérature scientifique n'indique qu'on en soit déjà arrivé là.
Il y avait plus urgent : concevoir le mouton à pull qui ne rétraicie pas au lavage. C'est en bonne voie. Une équipe du Csiro (l'équivalent australien du CNRS) a découvert que "le rétraicissement de la laine est une caractéristique que les moutons se transmettent via leur patrimoine génétique". Par la suite, elle a identifié le gène en cause. Il n'y a donc plus qu'à sélectionner les animaux de manière adéquate lors de la reproduction. Les pulls amples resteront amples, et votre petit frère pourra s'acheter directement un pull à sa taille, plutôt que d'attendre le troisième lavage du votre. Il n'y verra pas que des avantages, mais avec la génétique, chacun pour soi.
Voila de quoi nous occuper à l'avenir, nous autres scientifiques, ou bien susciter des vocations...
Propos recueillis dans Au fond du labo à gauche, d'Edouard Launet
19:50 Publié dans "Nature & Découvertes, bonjour!" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

